Boisseau-Pomez
Maison de ventes aux enchères
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Jean-François BOISSEAU - Thierry POMEZ
Philippe BOISSEAU - Léonard POMEZ

Commissaires-priseurs

Un trésor découvert à Troyes et adjugé 1.488.000€

Mardi 24 Juillet 2018 à 18h
Un tableau muséal de Frans Francken II
Un tableau muséal de Frans Francken II
Un tableau muséal de Frans Francken II
Cette œuvre de Frans Francken II (1581-1642), découverte par IVOIRE TROYES, est de qualité muséale et a été adjugée aux enchères 1.488.000€ le 29 septembre à Troyes.
Exceptionnel par son format, il est le deuxième tableau le plus important en taille de l’artiste après le désormais célèbre "Eternel dilemme de l’homme : le choix entre le Vice et la Vertu" (1633), aujourd'hui au Museum of Fine Arts de Boston. Autre particularité de cette œuvre, outre son état de conservation remarquable, il présente au dos un décor qui pourrait faire penser au couvercle d’un coffre de rangement ou de transport d’un instrument.
Il s'inscrit sans nul doute dans les réalisations de grande ampleur de l’artiste des années 1630-35 parmi lesquelles il faut compter plusieurs allégories de dimensions analogues, comme « L’Allégorie de l'abdication de Charles Quint » (134 x 172 cm) conservée au Rijksmuseum d' Amsterdam.
Le sujet est assez fréquent chez l’artiste, représentant ici le moment qui suit la libération du peuple d'Israël, après qu'il eût traversé la Mer Rouge. La nature morte aux coquillages figurant au premier plan à droite est particulièrement remarquable. Le groupe de gauche, inspiré d'une sainte famille de Raphaël, est plein d'une sérénité qui s'oppose aux flots tumultueux de la partie droite. Moïse, entouré des anciens, étend son bâton vers les eaux qui engloutissent les chevaux de pharaon tandis qu'au centre Myriam, sa soeur, et ses suivantes dansent. Elles sont accompagnées de musiciennes qui jouent et chantent la gloire de Dieu. L'un des deux hommes au premier plan est Aaron, le frère de Moïse. Devant eux, des femmes, accompagnées d'enfants sains et saufs, regardent les bijoux qu'elles ont emportés avec elle. Les pièces d'orfèvrerie sont leurs biens les plus précieux. Frans Francken a souvent introduit de tels motifs au premier plan de ses compositions, notamment quand il peint le repas des dieux, le festin d'Esther.
Le décor du revers du panneau laisse supposer que celui-ci était offert à la vue de tous et qu'il était dans un encadrement étroit. Si l'on considère que l'iconographie rappelle la fonction, on peut penser que ce panneau a un lien avec la musique. Trop large pour être un couvercle de clavecin, il pourrait être le couvercle d'un coffre de rangement ou de transport d'un instrument.
Dr. Ursula Härting a confirmé l'authenticité du tableau et le situe autour de 1620 ainsi que Dr Ria Fabri, experte en mobilier anversois. Un certificat de Mme Härting en date du 21 juin 2018 sera remis à l'acquéreur.
Expert : Cabinet Eric Turquin
Bibliographie en rapport:
Ursula HÄRTING: Frans Francken der Jüngere (1581-1642), die Gemälde mit kritischem Oeuvrekatalog, Freren, 1989.