Boisseau-Pomez
Maison de ventes aux enchères
• depuis 1962 •

Thierry POMEZ
Philippe BOISSEAU - Léonard POMEZ

Commissaires-priseurs

Rencontre avec le nouveau commissaire-priseur de l’étude Boisseau & Pomez à Troyes.

Lundi 10 Juillet 2017

1. La Vie en Champagne - Quelles sont vos fonctions et vos missions dans l’étude ?

Léonard Pomez - J'exerce la profession de commissaire priseur depuis deux ans et demi. Il s'agit d'un métier formidable mais qui reste encore trop méconnu du grand public. Le commissaire priseur est l'officier ministériel compétent pour réaliser l'expertise, l'estimation et la vente aux enchères de tout "bien meuble" au sens de la loi, c'est-à-dire toute chose qui peut se mouvoir. Nous vendons donc du mobilier, des objets, des tableaux, des bijoux, des livres, des jouets, des articles de luxe de toute époque et de toute provenance … et nous vendons également du matériel de professionnels: des véhicules, des camions, du matériel de travaux publics, agricole, de l'électroménager, de l'outillage électroportatif, des ordinateurs et tout ce qui peut se trouver dans une entreprise.

Nous réalisons prés de 150 ventes par an et de ce fait nous connaissons la valeur de tout objet en fonction du cours du marché.

Le mécanisme des enchères est un outil merveilleux qui permet de garantir aux vendeurs l'obtention du meilleur prix en nous confiant leurs objets en vente.

En plus d'effectuer toutes les ventes dites "courantes" qui ont lieu tous les mercredi, je réalise des ventes aux enchères de nouvelles spécialités comme les collections de montres, de plaques publicitaires émaillées, d'articles de luxe et de mode, de mobilier design...

Au quotidien, j'interviens dans le cadre des successions auprès des notaires et dans le cadre des mesures de protection des majeurs sous tutelle en inventoriant et prisant les biens du défunt et du majeur protégé par décision de justice.

Selon vous, quelles sont les qualités pour être un bon commissaire priseur?

Pour être un bon commissaire priseur, il faut avoir une connaissance accrue d'un marché en perpétuelle évolution en ciblant l'intérêt que pourrait avoir un acheteur face à tout objet offert à la vente, objet datant de toutes époques depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, et de tous domaines allant du timbre ou de la pièce en or jusqu'aux Poids lourds ou matériels de travaux publics. Il faut également être doté d'une bonne fibre commerciale tant au niveau de la communication nationale et internationale qu'au niveau de l'animation de la vente en elle-même afin de réunir le jour J le maximum d'acheteurs pour obtenir le meilleur prix d'adjudication sur chaque objet. enfin, humainement, il faut se montrer proche de ses clients, à leur écoute, car à travers les objets qu'ils nous confient à vendre, c'est dans leur vie intime que nous entrons: de l'attachement sentimental au souvenir familial et parfois accompagner les raisons qui ont pu entraîner la liquidation judiciaire de leur entreprise...

2. LVEC - Quelle a été votre formation ?

LP - Pour devenir commissaire priseur il faut obtenir une licence de droit et une licence d'histoire de l'art, permettant de se présenter au concours national d'entrée à la profession de commissaire priseur. Après avoir effectué deux ans de stage au sein d'une maison de ventes aux enchères, vous pouvez présenter le diplôme final de commissaire priseur.

J'ai effectué mon droit à Troyes puis à Dijon avant d'intégrer la Sorbonne à Paris pour mes études d'histoire de l'art. J'ai vécu huit mois à New York pour perfectionner mon anglais ce qui m'a été très bénéfique puisqu'au quotidien à Troyes je suis confronté à une clientèle d'acheteurs internationaux. J'ai effectué mes deux années de stage dans deux grandes maisons de ventes parisiennes au sein de l'hôtel Drouot, avant de revenir exercer à Troyes.

3. LVEC - Quels souvenirs gardez-vous de votre première vente ?

LP - Pour ma toute première vente aux enchères, mes associés m'ont fait confiance pour me laisser tenir le marteau lors d'une vente de véhicules de luxe, lors de laquelle j'ai vendu une Porsche Panamera à plus de 60.000€ ! Il y avait beaucoup de pression ce jour-là, car la vente a attiré un public venu nombreux, d'autant plus qu'une équipe de télévision d'une chaîne nationale me suivait ce jour là dans le cadre d'un reportage sur les ventes aux enchères, ce qui a décuplé la tension. Il n'était pas évident pour ma première de faire face à tout ce monde car les enchères fusaient de tous les côtés, mais ce fut un vrai plaisir, avec un beau résultat à la clé puisque les 4 véhicules ont été vendus pour près de 150.000€ !

4. LVEC - Votre grand-père était commissaire-priseur, votre père l’est encore : quel effet cela fait-il d’incarner la continuité d’une lignée ?

LP - C'est une grande fierté pour moi d'incarner la troisième génération de commissaires priseurs au sein de la même maison de ventes aux enchères dans laquelle mon grand-père à commencé à exercer en1955 avant de s'associer avec Andre Boisseau en 1962.

Plus grande est ma fierté puisque nous sommes un cas unique en France ou des commissaires-priseurs sont associés au sein de la même étude depuis trois générations. J'espère pouvoir un jour travailler avec Geoffroy Boisseau, lui-même petit-fils et fils de commissaire priseur, actuellement en train de préparer le concours pour entrer dans la profession.

Ce n'est tout de même pas une chose aussi facile que l'on pourrait l'imaginer que de suivre la voie familiale, car d'une part mes collaborateurs m'ont tous connu en culotte courte, et d'autre part la volonté de rendre la confiance qui m'a été donnée par mes associés me pousse à donner le meilleur de moi même au quotidien et à prouver que j'ai les épaules pour réussir et transmettre à mon tour la passion familiale pour ce métier.

5. LVEC - Être commissaire-priseur est-ce s’occuper uniquement de tableaux et d’objets d’art ?

LP - Voir la 1.

6. LVEC Les acheteurs ont-ils encore besoin d’être présents lors des ventes ?

LP - Fraîchement diplômé et à peine arrivé à l'étude, je me suis empressé de mettre en place le système des ventes dites "en live", c'est-à-dire qu'au moyen d'une webcam et d'un micro, la vente aux enchères qui se tient physiquement dans notre Hôtel des ventes à Troyes est retransmise en direct sur Internet sur une plate-forme d'enchères permettant à n'importe quelle personne du monde entier d'enchérir en direct sur un objet présenté dans notre Hôtel des ventes. Ce système est révolutionnaire puisqu'il permet de décupler à l'infini le nombre d'acheteurs potentiels et ainsi de garantir le meilleur résultat pour le vendeur.

Ce nouveau système nous contraint à préparer nos ventes différemment par rapport à l'époque de mon grand pere, puisque chaque objet doit dorénavant être pris en photo, décrit dans nos catalogues de manière très précise, nous sommes en quelques sortes les yeux de l'acheteur ou du collectionneur. Pendant la vente, en plus de prendre les enchères des personnes présentes dans la salle, de celles aux téléphones, il ne faut jamais quitter des yeux le prompteur sur notre pupitre qui révèle les enchères portées par les internautes, ce qui ajoute un rouage supplémentaire à la mécanique.

Autre nouveauté, nous avons mis en place un service d'expédition des lots après la vente, évitant ainsi à l'acheteur d'avoir à se déplacer jusqu'à Troyes pour récupérer ses achats.

Le métier se dématérialise de plus en plus, on peut se comparer à une plate-forme d'achat en ligne, mais avec une grosse différence en plus qu'est la garantie qu'apporte le commissaire priseur à tous les acheteurs.

7. LVEC - Comment comptez-vous accroître votre audience et attirer de nouveaux clients ?

LP - N'ayant pas encore 30 ans, je fais partie de la génération qui a grandi avec les débuts d'Internet. Je suis un adepte des réseaux sociaux, je communique très régulièrement sur notre page Facebook et notre compte Instagram pour parler de notre actualité à un public plus jeune que celui qui fréquente nos salles de ventes, et encore trop hésitant à venir assister à nos ventes aux enchères. Je me suis très vite rendu compte que ce milieu suscitait la curiosité de beaucoup de monde, mais que l'on s'en faisait toute une montagne à l'idée de franchir la porte d'une salle des ventes ! Je milite au quotidien pour donner l'envie aux jeunes générations de fréquenter les ventes aux enchères. Si aujourd'hui les jeunes n'osent pas trop venir dans nos salles, je me dis qu'en publiant des photos et des articles sur les coulisses de ce qu'il s'y passe, c'est un moyen de rendre plus accessible cet univers! Et cela fonctionne, je reçois chaque jour de nombreuses demandes d'estimations d'objets d'après des photos envoyées sur Facebook.

8. LVEC - Comment voyez-vous l'avenir de votre profession?

Je crois beaucoup dans le role que joue le commissaire priseur dans notre société au quotidien notamment à travers sa compétence en matière de conseil, d'expertise et d'accompagnement qu'il endosse auprès de ses clients vendeurs. Qu'il soit l'héritier d'un patrimoine dans le cadre de successions, le collectionneur qui souhaite se séparer de la passion de toute une vie, le majeur sous tutelle qui cherche à protéger ses biens, le débiteur détenteur d'actifs en vue de désintéresser ses créanciers... le commissaire priseur est le professionnel compétent pour valoriser et vendre au meilleur prix le patrimoine de toute personne.

Cette profession qui a été créée en France sous le règne d'Henri II, est vouée à perdurer dans le temps. Tant qu'il y aura des meubles, avec tous plus ou moins de valeur, il y aura des mises en ventes, et des transferts de propriété. Et rien de mieux que de faire appel aux compétences du professionnel de la vente pour réaliser ces transactions en atteignant le meilleur prix que garanti le mécanisme des enchères.

Cela dit, notre métier va évoluer en 2022, puisque la loi Macron sur la modernisation de l'économie, entrée en vigueur en 2015, a créé par une ordonnance de 2016 le Commissaire de Justice. Cette nouvelle profession est issue du rapprochement des huissiers de justice avec les commissaires priseurs. Ainsi, nous allons être compétent pour exercer les activités des huissiers de justice et vice versa. Il s'agit d'une véritable opportunité puisque nous allons élargir notre champ de compétences et avoir ainsi un poids plus important dans la sphère judiciaire. Nous avons déjà fait évoluer notre métier en le dématérialisant sur les plateformes de ventes sur internet, nous nous adapterons aux nouvelles compétences qui nous ont été attribuées en vue de faire du commissaire de justice un des maillons forts de la chaîne judiciaire en France.

9. LVEC - Vous appartenez à quelques associations culturelles locales, parmi lesquelles la Société académique de l’Aube : que vous apporte le fait d’en faire partie ? Un commissaire-priseur se doit-il d’être en lien avec le monde culturel local ?

LP - Je suis né à Troyes, j'ai grandi à Troyes, et aujourd'hui je suis un fervent défenseur du patrimoine historique et culturel de ma ville et de son département. Au quotidien, je suis confronté à des objets d'art ou du patrimoine local. Ces objets chargés d'histoire qui nous survivent sont les plus beaux témoignages du temps qui passe, d'une époque, d'une société, d'une mode révolue... Par affinité et par gout pour ces objets anciens, j'ai pris conscience qu'à travers les ventes que j'organisais, j'étais devenu en quelque sorte le passeur de notre héritage patrimonial, celui qui redécouvre ces objets pour les transmettre à un nouveau propriétaire qui fera perdurer l'histoire de l'objet en question.

C'est à ce titre, que j'ai eu envie de contribuer à la vie associative culturelle dont le but est de défendre et de mettre en valeur le patrimoine afin que celui-ci continue de perdurer dans le temps. Il est de notre devoir de conserver, d'entretenir et de transmettre ce patrimoine aux futures générations, et le travail réalisé par toutes ces associations qui organisent de nombreuses manifestations, expositions, ou publications contribue grandement au rayonnement culturel de notre patrimoine.

10. LVEC - En contact permanent avec l’art, quel regard portez-vous sur Troyes, ville d’art et d’histoire ?

LP - Troyes, cité multiseculaire, nous donne matière à faire parler d'elle. Notre ville qui a connu une expansion commerciale, financière, intellectuelle et culturelle dès le XIIe siecle avec les foires de Champagne a fait parler d'elle jusqu'à la fin du XIXe siècle avec l'essor industriel de la bonneterie. Aujourd'hui, c'est l'héritage de presque mille ans d'art et d'histoire qui se trouvent concentrés au quotidien sous nos yeux. Les collectivités et associations culturelles ont pris conscience de la richesse de ce patrimoine et ont fournis d'énormes efforts à travers les travaux de réhabilitation pour redonner l'écrin tant mérité que notre ville se devait de retrouver.

Aujourd'hui, je suis fier de ma ville et fier d'exercer ma profession à Troyes. Je me souhaite de pouvoir faire retentir les coups de marteaux en vendant de grandes collections comme mon père l'a fait en 2007 lors de la vente de la succession de Pierre Levy qui avait eu un retentissement national d'une rare ampleur, mettant à cette occasion la ville de Troyes au centre de l'actualité du marche de l'art.


INTERVIEW PAR LA VIE EN CHAMPAGNE
Propos recueillis par Jean-Louis Humbert
(Cl. Jean-Louis Humbert)
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