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Philippe BOISSEAU - Léonard POMEZ

Commissaires-priseurs

Un nouveau Vien pour le Musée Fabre

Jeudi 28 Mai 2020 à 14h
Ce n’est pas seulement sa charmante frimousse qui justifie la préemption du portrait de Jean-Marie Vien par son illustre père - pour 18 000€ sans les frais - par le Musée Fabre de Montpellier chez Ivoire Troyes ce soir mais aussi sa grande rareté dans l’œuvre de l’artiste. Grand rénovateur de la peinture d’histoire, figure précoce du néoclassicisme français, le peintre né à Montpellier en 1716 ne fut absolument pas un portraitiste [1]. Dans leur monographie parue chez Arthena en 1988, Thomas W. Gaehtgens et Jacques Lugand racontent qu’après avoir réalisé le portrait d’un de ses amis, Vien exigea le secret, ne pouvant accepter d’autres commandes de ce genre. L’anecdote révèle la place qu’il accorde au portrait : c’est un exercice auquel il rechigne, malgré sa rentabilité, et qui restera pour lui presque toujours cantonné à une sphère strictement privée.

Le tableau que vient d’acquérir le Musée Fabre en constitue un excellent exemple : bien qu’inédit, sa composition était cependant connue par un pastel [2] réalisé par ou d’après Vien et conservé au Musée des Beaux-Arts de Béziers, qui possède aussi un dessin du jeune garçon, mais sans son béret.
Celui-ci n’est pas Joseph-Marie Vien le Jeune (1762-1848), qui fut peintre comme son père, mais le second fils de Vien et de Marie-Thérèse Reboul (1728-1816). Prénommé Jean-Marie, il fut baptisé en septembre 1765 - avec comme parrain Pigalle et comme marraine Marie-Suzanne Roslin - et suivit son père en Italie entre 1775 et 1781 lorsque celui-ci fut nommé directeur de l’Académie de France à Rome. Sur ce tableau, le modèle semble tout juste adolescent : on peut donc supposer qu’il a été peint dans la Ville éternelle, fixant pour l’éternité les traits de cet enfant qui mourut prématurément en 1788 après avoir entrepris des études d’architecte.





Ce tableau fut très certainement réalisé pour un cercle intime même si sa provenance n’est pas encore connue en raison de son caractère inédit. L’effigie du jeune Jean-Marie Vien n’a en effet rien en commun avec les très rares portraits de commande exécutés par Vien au cours des années 1760 mais fait plutôt songer au portrait (ill. 2) que Vien réalisa de sa femme, la peintre de fleurs Marie-Thérèse Reboul, directement acquis auprès des descendants des deux artistes en 1955 par le Musée Fabre. Le portrait de madame Vien est cependant plus grand que le tableau préempté à Troyes dont les dimensions coïncident en revanche presque exactement avec le célèbre portrait (ill. 3) du jeune Jacques Louis David, peint dans les années 1760 et conservé au Musée des Beaux-Arts d’Angers. C’est dans cette veine que s’inscrit le portrait de Jean-Marie Vien, qui viendra donc bientôt retrouver sa mère au sein des collections montpelliéraines. Les couleurs vives
ainsi que la matière généreuse rappellent volontiers la toute première manière de l’artiste, dans les années 1745-1755, lorsqu’il regarde tout particulièrement Guerchin et la grande peinture bolonaise du XVIIe siècle.
Quand il peint sa famille, Vien adopte ainsi une touche veloutée, un coloris doux qu’on a presque envie de qualifier de rocaille, qui évoque davantage l’art de son maître Charles-Joseph Natoire que les toiles plus sévères qu’il peint habituellement. Comme le souligne la notice de l’œuvre dans le catalogue de la vente, rédigée par le cabinet Turquin, ce portrait s’inscrit aussi parfaitement dans une période de fort intérêt pour la représentation de l’enfance, tant en France qu’en Italie : la mise en scène avec le béret rappelle ainsi les portraits d’enfants peints ou dessinés par Gaetano Gandolfi à la même époque.

Il s’agit donc d’un nouvel achat judicieux du Musée Fabre, particulièrement attaché à la représentation de l’œuvre de Joseph-Marie Vien dans ses collections où l’on retrouve des grands formats mais aussi un bel ensemble d’esquisses et de toiles intimistes comme celle-ci. Plusieurs tableaux de l’artiste ont ainsi été acquis au cours de ces dernières années, parmi
lesquelles Sarah présentant Agar à Abraham ou la Prêtresse brodant pour l’ornement d’un temple un an plus tard.
Le Musée Fabre souhaite également présenter une iconographie aussi riche que possible de ce peintre à la longue carrière - il traversa de nombreux régimes politiques et demeure à ce jour le seul peintre inhumé au Panthéon - et a donc acquis l’an dernier le buste en marbre de Vien en tenue de sénateur d’Empire par Joseph Duret (voir la brève du 26/6/19). Les équipes du musée de Montpellier préparent également avec le château de Versailles la restauration et le dépôt de l’étrange autoportrait d’un artiste qui bénéficiera dans les prochaines années d’une rétrospective très attendue.

Alexandre LAFORE

Publié dans La Tribune de l'Art, le Jeudi 28 Mai 2020
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