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Thierry POMEZ
Philippe BOISSEAU - Léonard POMEZ

Commissaires-priseurs

Carmontelle en une de la gazette drouot

Dimanche 17 Juillet 2022
Lire l'article dans La gazette Drouot

Dans la cour de Louis XV.
Connu pour ses portraits de profil des petits et grands de la cour, Carmontelle est aussi le grand ordonnateur des fêtes du duc d’Orléans. Il collabore ainsi avec Jean-Benjamin de La Borde, premier valet de chambre du roi et artiste aux nombreux talents.



Au verso de l’œuvre, une mention lève toute ambiguïté sur l’identité de l’homme se prêtant ici au jeu de la pose de profil : «Mr de La Borde, premier valet de chambre du Roy et fermier général.» Cette notice nous apprend également que Jean-Benjamin de La Borde était un «amateur des arts sous Louis XV aux multiples talents». Proche du souverain, il obtient dès 1766 la charge de premier valet de chambre de sa majesté à Versailles, fonction qu’il occupera jusqu’au décès du Bien-Aimé, remplacé dès 1774 par Marc- Antoine Thierry de Ville-d’Avray, tout juste nommé par Louis XVI. Féru de violon, Jean-Benjamin de La Borde compose et met en scène des opéras, jusqu’à prendre une place importante dans le paysage artistique du milieu du XVIIIe siècle. Il a notamment mis en musique quelques- unes des pièces de Louis Carrogis, dit Carmontelle, l’auteur de ce portrait.

Le modèle pose ici une clé à la main, symbole de sa charge de premier valet de chambre du roi. À l’arrière plan, la pendule est un objet bien connu des historiens de l’art. Ce n’est autre que l’horloge astronomique de Claude-Siméon Passemant (1702-1769), celle-là même qui vient d’être restaurée en prévision de l’exposition de Versailles de l’automne prochain, dédiée aux goûts de Louis XV (voir Gazette n° 22, page 252). Passemant aura mis douze ans à concevoir – et huit à réaliser – la sphère en établissant ses propres tables astronomiques. Elle est présentée au roi en 1750. Celui-ci, séduit, commande au sculpteur Jacques Caffieri une boîte en bronze pour l’accueillir. C’est dans cet écrin en bronze ciselé doré, aux quatre faces dotées de vitres et d’un miroir pour que l’on puisse en admirer chacun des mouvements intérieurs, que l’horloge trouve sa place définitive le 15 janvier 1754, sur son socle de marbre, à Versailles. On dit que Louis XV en personne ne manquait jamais de l’observer lorsqu’elle passait à la nouvelle année. Ce portrait est celui de deux idolâtres de leur temps et de leur monarque, une passion qui conduisit La Borde à sa perte, puisqu’il fut guillotiné en 1794.

De Carmontelle, nous connaissons plus de 750 portraits. Leur auteur avait, selon les mots du baron de Grimm, « le talent de saisir singulièrement l’air, le maintien, l’esprit de la figure.» L’artiste ne vendait d’ailleurs pas ses œuvres. S’il en offrait généreusement des copies, il gardait jalousement les originaux, de sorte que, préservés en majeure partie, ils sont désormais conservés au musée Condé de Chantilly et au musée Carnavalet, à Paris.

Louis Carrogis, dit Carmontelle (1717-1806), Portrait de Jean-Benjamin de La Borde (1734-1794), premier valet de chambre du roi à Versailles, devant l’horloge astronomique de Claude-Siméon Passemant, sanguine, crayon noir et aquarelle, 1762, 25 x 15 cm. Estimation : 8 000/12 000 €

SAMEDI 1er OCTOBRE, IVOIRE TROYES - BOISSEAU-POMEZ.
Expert : CABINET DE BAYSER