MOBILIER & OBJETS D'ART

Vendredi 26 Mars 2021 à 09h

Lot 385
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans un vase en grès du...

Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...
Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans...

Maria VAN OOSTERWYCK (Nootdorp,1630 - Amsterdam,1693). Bouquet de fleurs dans un vase en grès du Rhin posé sur un entablement à côté d' une nature morte de coquillages. Huile sur Toile, signé en bas à gauche, sous la nature morte de coquillages : "MARIA VAN OOSTERWYCK". Hauteur : 101 cm - Largeur : 78 cm. (Petits manques et soulèvements).

ATTENTION : LOT NON VENDU EN LIVE - ENCHERES PAR TELEPHONE ET ORDRE D'ACHAT UNIQUEMENT
LOT SOUMIS A CAUTION BANCAIRE AVANT ENCHERES avec pré-inscription auprès de l'étude et caution de 10 000 € : Merci de contacter notre secrétariat : 03 25 73 34 07 - contact@boisseau-pomez.com
LOT SUBMITTED TO BANKING CAUTION BEFORE AUCTION with pre-registration at the secretariat and a deposit of 10 000 € : Please contact our secretariat: 03 25 73 34 07 - contact@boisseau-pomez.com

EXPERT : Monsieur Stéphane PINTA, Cabinet Eric TURQUIN - Tableau visible sur rendez-vous au Cabinet - 69, rue Sainte-Anne - 75002 PARIS - Tél : 01 47 03 48 78

Rapport de condition : Le tableau peint sur toile, a été rentoilé et tendu sur un châssis à clefs qui date sans doute des années 1970/80. La tension pourra être améliorée dans les angles où l’on note des craquelures en biais et des petites déformations. Le réseau de craquelures est présent sur l’ensemble, car une perte d’adhérence généralisée est en cours d’évolution ce qui accentue l’état de surface irrégulier. Il existe déjà des toutes petites pertes de matière récentes, il faudra très rapidement envisager un refixage généralisé pour stabiliser le processus.
La couche picturale est couverte d’un vernis ancien, visible sous lumière ultraviolette, et irrégulièrement allégé. Un vernis synthétique plus récent et épais couvre l’ensemble, il présente des blanchiments localisés, notamment dans certains feuillages. Ce vernis altéré recouvrant l’iris violet en partie supérieure, a été partiellement nettoyé ce qui permet de révéler la matière originale intacte. Sous lumière ultraviolette, la zone ne fluoresce plus et apparait sombre à présent.
Les fleurs, les insectes et les coquillages sont très bien conservés, avec une belle matière grasse et pas d’usures notables. Le vase présente quelques petites lacunes retouchées grossièrement. Le fond semble également en bon état.
En conclusion le tableau est dans un bon état général de conservation. La couche picturale est altérée par un vernis épais et ponctuellement dégradé, mais il y a très peu d’usures et de lacunes. L’adhérence est mauvaise mais on note encore eu très peu de pertes de matière, et il est urgent consolider l’ensemble.


Condition report : The painting, executed on canvas, has been relined and stretched on a key stretcher that probably dates to 1970/80. The tension could be improved in the corners where one can see craquelure on the bias and small deformations. The network of craquelure is visible on the painting overall because a general problem of adherence is currently evolving which accentuates the irregular surface. There are some tiny losses that are recent; the paint surface should be consolidated in order to stabilize this process of lifting.
The pictorial layer is covered by an old varnish which is visible under UV and which has been irregularly lightened. A more recent synthetic varnish covers the painting, this varnish has areas of blanching notably in some of the leaves. This altered varnish covering the upper part of the purple iris has been partially cleaned which reveals the original paint matter, which is intact. Under UV light, this area no longer comes up fluorescent and now appears somber.
The flowers, insects and seashells are very well conserved with beautiful thick paint and no notable wear. The vase has some small losses that have been grossly retouched. The background appears to be in good condition.
In conclusion, the painting is in generally good condition. The paint layer is altered by a thick varnish that has degraded in some areas, but there are very few areas of wear or loss. The adherence is poor but for now there is very little paint loss, it is urgent that the overall pictorial layer be consolidated.


Les voyageurs arrivant en Hollande à la fin du XVIIe siècle étaient frappés par la place que les femmes pouvaient y tenir. Bien plus que dans les pays monarchiques, elles étaient protégées par la loi. Pouvant établir des contrats commerciaux et des actes notariés, elles pouvaient mener une affaire et, si le talent les aidait, accéder à la société cultivée. C'est bien dans la République des Pays-Bas que fut publié par Anna Maria Schurman l'un des premiers manifestes féministes : "La docte Vierge ou Se peut-il qu'une vierge soit aussi une savante", traduit en anglais en 1659. C'est dans ce contexte que Maria van Oosterwyck est
portraiturée en 1671 par Wallerant Vaillant, tenant, non seulement une palette et des pinceaux mais aussi un livre. Femme peintre reconnue par ses contemporains, elle se fit sans conteste une belle place en marge de la guilde des peintres. Son père qui était pasteur à Nootdorp, près de Delft où elle naquit, se remarie en 1643 avec un membre d'une famille d'artistes qui l'encouragea probablement très tôt. Après un séjour à Leyde en 1658, elle rejoignit le grand peintre de natures mortes d'Utrecht, Jan Davidsz de Heem et résida dans cette ville de 1660 à 1665 avant de s'établir à Amsterdam où ses moyens lui permirent d'avoir un atelier sur le prestigieux Keizersgracht à côté de celui de Willem van der Aelst dont elle aurait éconduit lesavances si l'on en croit son biographe Arnold Houbraken. Elle vécut à Amsterdam jusqu'en 1689, date de sa dernière oeuvre datée.

Maria van Oosterwyck est connue pour des vanités de grands formats réunissant de nombreux objets autour d'un crâne, datées entre 1655 et 1668. Plus tardive, cette composition met en garde avec subtilité contre l'illusion de la toute puissance de la Connaissance, celle qui guette les amateurs qui se passionnent pour les "phénomènes visibles du monde, créés par Dieu ou les hommes". Soucieux de décrire le monde avec précision et d'établir des classifications, ils peuvent amasser de grandes richesses dans leurs cabinets. On y trouvait des "coquilles" exotiques rapportées dans les Pays-Bas par la Compagnie des Indes. Elles étaient exposées dans des arrangements soignés, en fonction de leurs formes et couleurs, l'animal les habitant étant totalement inconnu. Maria van Oosterwyck en représente de façon méthodique quelques spécimens de chaque classe, prenant soin d'en montrer diverses faces. Les "fleuristes" collectionnaient et "élevaient" des plantes dans leur jardin, notamment des tulipes venues d'Orient, qu'ils croisaient pour en multiplier les espèces et étaler les floraisons. Le bouquet que peint Maria van Oosterwyck associe des espèces ne fleurissant pas en même temps, choisies pour leurs formes et leurs couleurs. Pour les peindre avec exactitude, elle s'aide de ses études à l'aquarelle. Le bourdonnement de divers insectes, libellule, bourdon, papillons anime l'ensemble. Mais attention, ce foisonnement est éphémère, la pivoine, trop lourde, va bientôt perdre ses pétales et le papillon se poser, nous rappelant la fugacité de la vie et l'inévitable passage par la mort qui, seul, mène à la résurrection. Le combat qui orne le vase de grès illustre le combat que doit mener chaque jour celui qui
contemple le tableau pour s'assurer la vie éternelle. Maria van Oosterwyck, issue d'une famille protestante, mena elle-même une vie de dévotion et sauva plusieurs prisonniers chrétiens réduits à l' esclavage par les hérétiques en les rachetant.

Les musées de Copenhague et de Dresde conservent deux autres bouquets placés à côté d' une nature morte de coquilles. Celle de Copenhague signée et datée 1685 (toile, 120 x 99,5 cm), celle de Dresde (toile, 72 x 56 cm), signée également est probablement celle acquise par Johann Georg III, électeur de Saxe, en 1688. En juin 2019, le Joslyn Art Museum, Omaha, Nebraska en a acquis une autre avec un vase en verre (toile, 88,5 x 66,5 cm) . C'est dans la version que nous présentons version que la nature morte de coquilles est la plus importante (3 coquilles à Dresde, 4 coquilles à Copenhague). Plus modeste, le tableau de Hampton Court (toile, 47,6 x 36,8 cm) se limite à une coquille. Dans le catalogue d'une vente le 22 avril 1818 à Anvers où figurait une nature morte de notre artiste (Lugt 9355), on peut lire le commentaire suivant: "Un magnifique bouquet dans une carafe posée sur une table de marbre, des papillons et autres insectes, les uns voltigeant, les autres posés sur les fleurs. Aucun artiste de ce genre n'est arrivé à ce degré de perfection ; elle n'a jamais eu de rivaux tant pour la composition que pour le coloris et le fini précieux. Le peu de tableaux qu'elle a pu finir, vu le travail qu'elle y mettait, sont enfermés avec soin dans les meilleures collections de l'Europe".

Estimation : 100 000 € à 150 000 €
Adjugé : 650 000 €

Hôtel des ventes
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10000 Troyes
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