Ivoire, le premier regroupement de maisons de ventes aux enchères en France

LIVRES ET MANUSCRITS DU XVème SIECLE A NOS JOURS : 568 lots

Jeudi 02 Juin 2022 à 11h

Lot 360
BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son mari Jacques Damala, sl, 26...

BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son...
BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son...
BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son...
BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son...

BERNHARDT (Sarah), 1844-1923. Intéressante L.A.S. "Sarah Bernhardt" adressée à son mari Jacques Damala, sl, 26 juillet 1885, 4 pp. in-8 sur papier à entête, encadrée : "Mon cher Damala, qui veut la fin veut les moyens. Donc nous voulons nous séparer et ne pouvons y remédier qu'autant que nous serons d'accord. Le Queen's protector veut intervenir. Mon (?) m'a dit de ne vous point écrire. Je m'en fiche je vous écris quand même. Faites de ma lettre des choux des raves et des cravates peu importe. Il faut nous séparer et pour ce il faut nous concerter. Voulez vous vous rendre chez ma tante Richard 72 rue de Monceau. Si vous dites à quelle heure et quel jour mais c'est pressé car je pars mercredi pour les Eaux bonnes. Je prends un domicile à Londres il faudra que vous en fassiez autant. Je supporterai tous les frais puisque je gagne plus d'argent que vous. C'est justice mais finissons en je vous en prie. Suis votre. Amicalement." Ancien officier grec, Aristides Damalas (1855-1889) devint acteur à Paris sous le nom de scène Jacques Damala. Véritable Don Juan, il était réputé pour sa beauté mais également pour son caractère ombrageux et hédoniste, et fut impliqué dans de nombreux scandales de moeurs. Il fut présenté à Sarah Bernhardt par sa demi-soeur, Jeanne, peu avant l'été 1881 (Damala et Jeanne appartenaient à un cercle de morphinomanes liés au monde de la scène.) Ils entament une liaison à Saint Petersbourg où Damala s'est exilé suite à de nombreuses affaires et où Sarah Bernhardt est en tournée. Leur relation est passionnelle et mouvementée du fait de la forte personnalité des deux amants mais le mariage a bien lieu finalement le 4 avril 1882. Damala continue ses infidélités et Sarah ferme les yeux en assurant le train de vie dispendieux de son mari, en lui achetant même un théâtre et en le propulsant le plus souvent possible sur le devant de la scène. Damala enchaîne les échecs professionnels et son illustre épouse n'a d'autre choix que de le reléguer professionnellement au second plan des pièces et tournées. Damala s'en irrite, plonge de plus en plus profondément dans la drogue et humilie sa femme dès qu'il le peut. Lors d'une réprésentation avec elle sur scène, Damala, sous l'emprise de la drogue, déchire sa robe et expose ses fesses nues au public. Le 12 décembre 1882, Bernhardt se déchaîne contre Damala, refusant de couvrir ses dépenses en femmes et en drogues, ce à quoi Damala répond de manière tout aussi explosive par ses propres accusations. Le lendemain matin, Damala part, sans préavis, pour l'Afrique du Nord. Réalisant qu'il ne serait jamais considéré comme autre chose que "M. Sarah Bernhardt", il décide de s'enrôler pour servir dans les troupes spahies en Algérie, en laissant à son épouse ses dettes résultant de son addiction aux drogues et aux prostituées ainsi que des jeux de son fils. Au début de 1883, Sarah Bernhardt part en tournée en Scandinavie avec son amant, Jean Richepin. À son retour à Paris, elle découvre que Damala vit à nouveau dans sa maison. Bernhardt quitte Richepin et le couple se reforme pour un temps ; cependant, le mariage se détériore encore plus, en raison de l'extrême toxicomanie de Damala, et la séparation définitive est imminente. Elle le chasse de la maison pour le placer dans une clinique. Six mois plus tard, il revient chez elle, au grand dam de Richepin. Bernhardt tente d'empêcher les pharmaciens de lui fournir des médicaments et le place à nouveau dans une clinique, puis dans un hôtel, dans la banlieue de Paris. Cependant, le couple ne divorce pas et le mariage perdure légalement jusqu'à la mort de Damala en 1889. Sarah Bernhardt étant très stricte sur ses opinions catholiques, elle n'a opté que pour une séparation semi-légale, qui prévoyait également qu'en échange de certaines sommes qu'elle lui envoyait chaque mois, il ne reviendrait jamais dans sa vie.

Estimation : 150 € à 200 €
Adjugé : 160 €

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